Je suis camerounais, j’ai renouvelé ma carte d’identité

policier_sur_taxi_douala_cameroun_640Je repars au Nord cette fin d’année. Pour éviter que quelqu’un m’appelle une fois de plus Schengener, j’ai décidé de renouveler ma carte d’identité.
Pour éviter les files, Je choisis un commissariat oyab, loin. Le 15e. Après deux heures d’attente, je réussis à entrer pour déposer mon dossier, je reconnais au passage un officier, ancien ne liane que je bisoute à la volée. Le smack de mon bisou ne s‘était pas évaporé que j’entends la chef de poste me lancer, pardon, on ne veut pas le genre de cheveux là ici. Si vous voulez faire la carte, allez vous coiffer.
Euye.
Moi: Chef mes cheveux sont comment?
Elle: Je suis ton miroir? Faut circuler pardon.
Moi: Chef je dois me coiffer comment alors? je n’ai pas le texte du parti qui prescrit les coiffures.
Elle: Ho Monsieur ne me perdez pas le temps hein?
Je suis parti.
Le lendemain 9h me voici dans un autre commissariat.
Longue file, comme en Libye. Mines fatiguées comme des migrants ayant passé deux semaines en mer.
Moi: Chef, on dépose les dossiers où?
le flic: Mon ami tu es en France hein? Tu vois les gens là? Ils sont là bas depuis 5h. Tu viens à 9h, comme c’est le commissariat de ton père. Faut venir demain tôt.
Moi: Chef, tôt c’est quelle heure?
le flic: Tu me demandes? Viens tôt pour avoir un numéro, on donne cinquante numéro par jour, ceux qui n’ont pas de numéros ne sont pas servis.
Le lendemain 7h. Même rang de libyens. Plus de numéros.
Le surlendemain 6h. Même rang de libyens, plus de numéros.
Moi: la mère vous dormez seulement ici?
La mère yoyette: Mouf je suis ta mère?
J’apprends au passage que venir à 5h ne garantit pas qu’on soit servi le même jour et que certains reviennent plusieurs jours d’affilée. Euye….
Ne voulant pas mourir dans mon film, je laisse mes scrupules de côté et j’appelle un pote commissaire: Type sauve moi c’est chaud.
Le même jour, à midi, j’ai un inspecteur-tchinda-porteur-de-dossier qui m’introduit dans le saint des saints, sans numéro.
Lui: India, c’est un dossier du commissaire x. Gère en priorité.
L’IP opératrice me regarde avec des yeux vert ENEO et acquiesce avec un long tchuiiiiip.
Moi quoi?
Elle: pourquoi tous tes papiers sont faits à Nkongsamba?
Ce que j’ai pensé: le « tu » chez les policiers , c’est une prescription médicale?
ce que j’ai dit: j’étais de passage là bas j’en ai profité pour les établir.
elle: Vous les mbo’os, le faux va vous tuer.
J’ai avalé les craches.
Trente minutes plus tard, j’avais mon récépissé.
Je suis repassé, avec devant la file de libyens. Façon ils m’ont regardé, j’ai accéléré. On lynche encore les gens en plein jour dans ce pays hein?
Ce pays est violent, je vous jure.
Un chinois au Cameroun a moins de problèmes qu’un camerounais au Cameroun. C’est un fait.
Je comprends ceux qui partent et ne reviennent plus. L’amour du vert rouge jaune, du ndolè, du eru et du mbongo ne justifie pas autant de souffrance, de mépris, pour une nationalité qui cause plus de problèmes qu’elle n’en résout.
Je comprends ceux qui partent, Mais je respecte encore plus ceux qui restent. Ce pays est violent ashouè.

2 Commentaires

  1. William

    Ngimbis,
    Pardon je serai au pays en avril et j’aurai besoin de faire rapidement une CNI et un passeport.
    J’aimerai pouvoir compter sur la force de tes relations.

    PS: Naturellement je viendrai avec sa biere,mais je ne vis pas en mbeng, mais au congo, lol.
    Je te contacterai inbox sur twitter. Merci

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  2. mongo.grassfield

    ca cest vrai pere!!!!!!!!!!!

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