SVP, ne libérez pas Patrice Nganang

paul-biya-choix-peupleSVP, ne libérez pas Nganang.
Depuis que le type là est en prison, on parle du Cameroun partout et pour d’autres raisons que les élucubrations du violeur de mineures ou des vendeuses de piments.
Ne libérez pas Nganang abeg. Son arrestation a boosté le système associatif. Partout, des gens incapables de se mobiliser pour réclamer  l’accès à l’eau ou à l’électricité veulent se coaliser pour lui dire « achouka », le sceau maudit dont sont frappés ceux qui ne tombent pas sous le prisme de l’unanimisme.
Ne libérez jamais Nganang svp. A cause de son arrestation, toutes les personnes qui ont reçu une balle quelque part pendant le maquis, pendant les purges d’avril 84, pendant les années de braise, pendant le commandement opérationnel, pendant les émeutes de la faim, et même durant le quotidien tragi-comique de ce pays se souviendront de l’outrage qui a été fait à leur dignité et à leur droit de dire non, aujourd’hui plus que jamais.
Peut-être que les familles de ceux qui ont effectivement reçu une balle dans la tête, iront exhumer les cadavres et la colère des leurs, enterrés sans le linceul de la justice, juste vêtus des oripeaux des larmes fatalistes, teintés du « on va faire comment?  » national.
Je vous en prie, chers tontons sans couilles, ne libérez pas le type mal peigné là.
Malgré sa malbouche, ses relents nauséeux de tribalisme et son ambazonité assumée, le père là peut devenir (et le mérite vous reviendra) le catalyseur d’un combat mené depuis des lustres par quelques irréductibles à qui la masse du peuple ramant à contre courant d’idées de changement ne cesse de demander: « Aka vous voulez même quoi? ».

Ne libérez pas Nganang, le désormais américain. Le présumé sniper. Maybe, les GI viendront le libérer. Comme d’autres GI en béret basque, baguette sous le bras ont libéré les leurs, braqueurs à la peau noire, partis avec les milliards de leurs forfaits, en toute quiétude. Le passeport ndolè c’est le visa pour la mangeoire, le passeport bordeaux ou rouge, visa pour le Walhalla de l’impunité. « Ce n’est pas le qui veut… ».

Ne libérez pas Nganang, cet imprudent impudent.

Dans la trame historique d’un pays comme en football, le zollo* qu’on se met à soi-même, se retourne très souvent en dribble vis-à-vis de l’adversaire.
Comprenne qui voudra, moi même je n’y arrive pas.

Peace

 

zollo*: petit pont

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