Quand je faisais le bambè

tintinUn gars m’a demandé hier ce que je pensais des filles jaunes, vous savez, les filles claires de peau. Même si perso, moi je je n’ai pas de goût, j’ai quand même souri hein? parce que je me suis rappelé d’un amour d’adolescence, une délicieuse voisine de Ndiki, jaune comme les taxis de Yaoundé, avec les yeux clairs comme les phares de la Lexus de mon voisin qui fait dormir son frère dedans pour pas qu’on la vole.
La fille là m’avait envoûté. Je me souviens d’un jour où elle est passée devant ma maison pour aller acheter du gaz. je me suis proposé, moi le « faiblard » le paresseux reconnu d’inutilité mondiale de porter sa bonbonne de gaz. Massa! au retour, j’ai souffert, surtout qu’elle avait un régime de plantain qu’elle avait acheté au marché et qu’on tenait tous les deux d’une main. Une bonbonne de gaz sur la tête, tenant avec elle le régime de plantain de l’autre. J’ai transpiré massa! sur la petite colline qui va du quartier bami à la prison j’ai cru mourir. Mais j’ai géré en grand: souffle coupé, coeur qui bat dans les oreilles, crâne écrabouillé par la masse de métal, bras ankylosé, mais le sourire au lèvres pour dire « chérie, tu peux même encore ajouter sac de patates, je vais gérer ». genre Rambo des courses quoi!.
Au niveau de la décharge d’ordures (tout quartier bami qui se respecte en a une kkrkrkrkrkrkr) je ne parlais plus, je souffrais en souriant. C’est là qu’on croise ma mère qui raccompagne une amie. Elle est restée scotchée sur place vu que le matin j’avais refusé de puiser l’eau arguant que j’étais malade. Ma mère est passée . J’ai seulement entendu son amie demander: « ékié! ce n’est pas Florian qui porte la bouteille de gaz là? ».
ce midi là quand j’ai voulu manger, ma mère a seulement dit: »va manger le plantain que le gaz que tu as transporté là a cuisiné ». Bref, j’ai seulement bu l’eau.
Pour vous dire que la fille jaune là m’a fait porter en un an une quantité incroyable de seaux d’eau, de régimes de plantain, de sacs de marché, de bonbonnes de gaz, bref, j’étais en mode bambè. Mais dans tout ça hein? même un microscopique bisou sur le front je n’ai jamais eu. Même pas un effleurement, rien. Et quand la sorcière a dû aller étudier à Bafoussam, même pas un « bye », j’ai seulement constaté que « euye! comment depuis là je ne porte plus les sacs non? ». Esperanto le petit commissionnaire hein?
Donc, maintenant là je souffre de stress post traumatique. Quand je vois une fille claire de peau là, je guette seulement s’il nya pas un sac ou un régime à porter dans les parages, bref, je fuis avant de constater.
Premier mougou n’est pas mougou, c’est deuxième mougou là qui est mbout.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.