Au nom de la Femme

8marsLe 8 mars au soir. Je suis énervé, tous les nyama nyama de la ville sont dehors en train de pister la femelle en habit du 8 mars. Nous autres les grands félins on ne chasse pas en groupe comme les Lions. on chasse à l’affût. on se planque, on étudie, on s’affame, mais le jour où le gibier là traverse la branche sous laquelle on est planqué, il n’y a pas d’essai. But! Casso!
Bref, , je n’aime pas quand le dehors est surpeuplé. donc, en ce 8 mars, je suis chez moi. 1h du matin. Grande soif. Je prends un taxi: Boulangerie Selecte à 5min de chez moi.
Pendant que je bois un grand Spécial Pamplemousse glacé, j’observe un truc étrange: le vendeur de Sélecte, vous savez, celui qui s’occupe des rayons autres que la patisserie là, il observe chaque femme qui entre (il y’en avait quelques unes à cette heure du fait de la fête qui battait son plein dehors), donc chaque fois qu’une femme entre, le vampire vendeur lève les yeux de son comptoir, la scrute et lâche un commentaire. à côté de lui un vigile de Dack Security, préposé à l’emballage argumente sans pudeur le commentaire du premier vampire.
ça donnait ceci:
Une femme entre
le vendeur, avec un regard en biais: les longs longs seins! (précision: au Cameroun le fait de doubler un adjectif dans une phrase est une figure de style qui marque l’insistance.)
le vigile: le genre-ci tu tires jusqu’à mvog mbi ça ne se coupe pas
Une femme entre
le vendeur: les dures dures fesses
le vigile: le genre que tu peux écraser le piment sur ça.
Une femme entre
le vendeur: les mollets « bouteilles de gaz »
le vigile: le genre qui pèse tellement que tu peux même pas mettre sur tes épaules pendant que tu nyass (vous aurez compris le sens de nyass).
une femme (aux jambes velues) entre
le vendeur: les durs durs poils
le vigile: c’est comme coutcha des marmites
une femme entre
Silence.
Là alors la go est nyanga. une beauté. J’arrête de boire. je tends l’oreille. J’attends d’entendre ce que les deux connards trouveront à dire sur cette liane sans défaut.
Soudain.
Le vendeur: Une sale chose!
le vigile: c’est sûr qu’on vient de baiser les bêtises dans le caniveau.
c’est là que je me suis rendu compte que la sculpturale liane avait une large tache de boue sur son kaba chopée sûrement dans la rue boueuse à cause de la grosse pluie tombée ce soir là.
Là, j’ai compris que j’avais affaire non pas à deux aigris mécontents de leur sort, mais à deux sorciers pur jus. j’ai refermé ma bouteille, je suis sorti en courant.
Ho! les femmes là! Les camerounaises là! l’émergence du Cameroun c’est peut-être en 2035, mais pour vous là, c’est en 2135 seulement, tellement il ya des cons dans la gent masculine. Bref, je vous pitié (parfois).

2 Commentaires

  1. Anonyme

    Hééééé Nguimbis, depuis qu’on t’a nommé (embauché chez les blancs, c’est pareil !) tu as changé de quartier. Je m’installe à Efoulan pour boire les bières avec toi, et toi tu t’exile à TANGA d’en haut.

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    1. Armand

      Ah bon!? Il est à Tanga Nord ?

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