Une histoire de pet, des relents d’Ateba Eyene

Ateba-EyeneCe matin dans le taxi qui m’emmène au travail, on a un chauffeur bavard: « Ateba Eyene est mort » (comme si on ne le savait pas) « on l’a tué », « le Cameroun est mauvais », « le camerounais est méchant » et blablabla.
Personne ne répond vraiment, sauf un père qui rebondit sur tout, le genre de père qui cherche les amis là. Je somnole en me demandant si on n’a pas encore inventé la taitoicine, le médoc qui fait taire les gens.
Olézoa. énorme bouchon, on fait du sur place. Les yaoundéens et la fin de mois hein? (ils sortent tous quand les salaires sont « dehors »). Le taximan continue: « Ateba Eyene était un grand! il disait tout haut ce que les autres pensent tout bas ».
Eclat de rire (je me demande toujours ce qui était amusant dans sa phrase). Sauf que, consécutif à cet éclat de rire, un petit gaz, parti du fond de l’intestin du bonhomme et niché à l’orée de son sphincter a trouvé la pression suffisante pour sortir, aidé par le rire il a difficilement remonté la raie des deux énormes fesses du type pour se matérialiser en un petit son audible et reconnaissable par tous les occupants du taxi: piiiiut!!! la montagne de fesses venait d’accoucher d’un pet.
J’ai pensé « yeuch! »
Silence. On gère, c’est un pet ya quoi? sauf que, le pet de la taille d’une souris, avait l’odeur d’un éléphant mort. Une odeur rampante, tenace qui semblait vouloir nous gifler, en nous disant: vous allez me sentir! Pas moyen d’avancer, on est coincé dans un embouteillage. Les vitres sont baissées mais l’odeur semble dire comme notre Roi: « je ne pars pas, je reste! ».
le taximan coupable a alors commencé une série de gestes de la honte:
1- il a commencé à chanter un titre de Petit Pays:  » mon papa était haoussa… » j’ai pensé: mouf! tu pètes tu viens parler de ton père?
2- il s’est mis à klaxonner furieusement pour faire avancer les autres taxis. Mon frère! pète encore le genre là, ils vont avancer.
3- il s’est mis à ouvrir et à refermer machinalement le tiroir caisse. Mon frère! tu veux nous payer pour ce que tu nous fais subir?
Et puis il s’est remis à parler. La tête hors de la vitre, je n’arrêtais pas de me dire « mon frère, c’est pas parce que c’est ton pet que c’est pas toxique pour tes poumons hein? ».
Bon, à un moment, quand il a bougé ses fesses, l’odeur est redevenue persistante. J’ai compris que le pet n’était que la partie visible de la bombe.
Quand le connard a recommencé avec « Ateba Eyene disait… » il ya un type derrière qui ne parlait pas depuis le début qui a ouvert la bouche: Monsieur garez vous je descends.
Quand un camerounais te sers du Monsieur et du vouvoiement dans une même phrase, faut se méfier. le péteur a seulement serré sur le trottoir. Le type est descendu, mais tous les autres passagers aussi (moi compris hein?)
Le péteur a fait semblant de tendre la main, le type dressé sur ses koss koss. a seulement dit Monsieur démarrez ce véhicule et partez!
Le péteur a fait la moue, mais il n’a dit et mot et est parti sans se faire payer!!!
C’est là que nous les peureux on a commencé à parler: « mais dis donc! un vieux comme ça! les gens mangent même quoi pour péter comme ça? c’est le kontchaf de trois jours? ».
Et puis on cherché notre « sauveur », le type avait disparu. J’ai seulement pensé à Ateba martelant avec sa voix fluette mais passionnée: « je vous dis monsieur le journaliste, nous vivons dans un pays de sorciers! » .
Des sorciers qui pètent et qui veulent se faire payer!!!

2 Commentaires

  1. Armand

    Tu es dangereux à lire au boulot!

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  2. Lyra

    Florian tu es terrible???

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