Ode au piment camerounais

Piments vert, rouge  et jaune. Le hasard n'existe pas! Photo: Aaron Amat

Piments vert, rouge et jaune. Le hasard n’existe pas! Photo: Aaron Amat

Hier soir, en amoureux de la chair ( la viande hein?) je suis allé me gaver de rognons et de faux filets dans un coin qu’on m’a recommandé. Si la viande était excellente, le piment quant à lui m’a eu. J’ai été malade une bonne partie de la nuit et tellement énervé que j’ai décidé de ressortir ce texte écrit il ya quelque temps déjà suite à une aventure similaire. Je me demande souvent qui a poussé les pères fondateurs à mettre une étoile sur notre drapeau. Si j’avais été là, c’est un piment bien jaune que j’aurais proposé comme emblème. Car oui, le piment cuisiné chez nous est un patrimoine national et devrait être considéré comme tel!

Comment expliquer à certaines femmes (oui les hommes cuisinent aussi et alors?) que cuisiner du piment c’est tout un art?

Le bon piment est un savant dosage. Une ingénieuse atténuation de goût qui jongle sur la préservation du piquant.

Le piment n’est piment que parce qu’il existe l’éssèèssè et le pèbè. Il n’agresse pas les narines, il les chatouille.

Le bon piment est comme les cuisses musclées d’une fille bassa’a: il enserre le palais, mais sait se relâcher pour se laisser prendre.

Il ne mort pas, il mordille.

Il ne pique pas, il picote.

Le bon piment est comme le sourire d’une fille douala, on l’a encore en tête des heures après l’avoir consommé.

Il n’est pas fait pour être atténué par l’eau, mais pas la mousse pétillante d’une bière.

Il est comme les filles Eton, qui reculent, pas pour fuir, mais pour attirer.

Le bon piment chauffe à l’entrée, mais évite de chauffer à la sortie.

Il est gentiment hypocrite, comme une fille bamoun en pagne, il peut surprendre à tout moment, ce qui augmente son piquant.

Le bon piment ne s’écrase pas au moulin du bamiléké du Carrefour, ni au mixeur du blanc d’à côté, il s’écrase à la pierre, sans caleçon.

Le bon piment n’aime pas la facilité du cube Maggi, il préfère la rugosité du sel.

Le bon piment ne purge pas, il affine le teint.

Le bon piment est comme le bon poisson, on le consomme entièrement.

Le bon piment est comme la femme camerounaise: qu’il nous chauffe la langue, la tête ou le coeur, on l’aime quand même.

Malheureusement, le bon piment ne court pas les rues. Sinon je ne serais pas là à raconter tout ça. Tsuip!

Peace!

16 Commentaires

  1. Christian Mack

    Le piment merci pour tè métaphores florian, le piment camerounais me fait penser au 50 50 vendu par lè gars d la Brique, surtout quand il est écrasé sans caleçon… Looolll

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  2. Ralf

    Sans cale hein? c bien ca le pere

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  3. Singeh Emile

    Bravo, le bon piment Camerounais ne donne pas le lait.

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  4. Esty

    Deuxième fois que je lis ce texte et le même sourire….
    Belle plume cher ami!!

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  5. njock

    « Le bon piment est comme les cuisses musclées d’une fille bassa’a: il enserre le palais, mais sait se relâcher pour se laisser prendre. »

    Yaaaa paapa…wéééé qui nous met ça dans un bon bikutsi…je proposerai bien ça à Lady Ponce….tu trop fort man…bon courage.

    Je vais m’essayer à déguster le piment comme du vin…looool

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  6. Hervé BK

    Comme d’hab, j’aime. J’approuve encore plus particulièrement cette tranche:
    « Le bon piment chauffe à l’entrée, mais évite de chauffer à la sortie. »

    Ils m’ont été rare les fois, où j’ai pu savourer d’un piment répondant à toute les caractéristiques que tu décrit ci-haut. J’ai même fini par me décourager, et je n’ose jamais tester un piment fait ailleurs que dans ma cuisine. Déjà chez moi même, je ne teste jamais le piment en semaine. Rien que le weekend!, et ce quand je le passe entièrement à la maison.

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  7. Booh

    Le bon piment….
    Pourras-tu te rattraper un jour sur ta façon de descendre les camerounaises dernièrement? j’en doute, car quand le ver est dans le fruit…;Tsuip!

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  8. Francis ewakane

    Je vais de ce pas me pimenter l’existence!Piment bassa’a, douala, eton ou autre, je m’en bats l’oeil du moment ou je consomme camerounais!Peace, Brother!

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  9. Yves F

    Quelle plume !!, de l’art à l’état pur, et comme toute oeuvre artistique, c’est un régal pour l’esprit…

    Bonne continuation

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  10. Adrienne

    J’adore.

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  11. Diane

    le bon piment?? moi je suis un peu perdu là je m’egare à la lecture en fait c’est quoi ‘Bon piment’? stp…

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  12. Diop

    C’est tellement bien dit que je fais partager cela.
    Loool

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  13. kouakou

    je suis à Malabo; si vous pouviez vouz imaginer à quel point je vente le piment Camerounais à ces Equato…

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  14. tiptop

    D’après nos amis congolais… Je croyais que p’tit piment c’était sarkozy …

    Ce blog est très bien tenu et écrit… Bravo

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  15. demanou

    Lool trop fort type…en ce jr de fete tu ma donné envie de gouter a du bon piment ecrasé sans calé!! Lool respect Mr

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  16. Job Daves

    Les cameruineuses sont sournoises comme le piment des haoussas qui sucre dans la bouche et chauffe l’anus.

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