Lettre d’un blédard à la diaspora camerounaise

Chers tontons et tantines,

Je viens de lire un article assez bizarre mais hélas d’actualité. C’est à propos de vous. Vous qui êtes partis en détail sous des cieux étrangers, formez à ce qui se dit un troupeau péjorativement nommé la diaspora camerounaise. Encore un concept récupéré comme il y en a des tonnes dans l’univers camerounais. On dit au camerounais lambda que vous êtes l’ensemble des camerounais de l’étranger qui au lieu de s’occuper de leurs problèmes somme toute nombreux outre-mer, passent leur temps à vouloir déstabiliser un pays dont ils se réclament souvent à tort. Les mots ne sont de moi hein ? Je suis juste le messager, ne me tuez pas.

C’est dur mais que voulez vous ? Dans les années antérieures l’expatrié camerounais était un gentil tonton ou une tata qui faisait partie de la légende mais dont l’existence se matérialisait sous la forme de vêtements, de gadgets « des blancs » et autres mandats qu’il envoyait de temps à autre à La Famille. Et puis quelqu’un a eu l’idée de démocratiser Internet, un autre petit malin a créé Facebook et paf ! On a eu la diaspora à nos portes.

Au départ, tous les petits frères étaient heureux hein ? Heureux de pouvoir enfin expliquer leurs problèmes ô combien nombreux, aux tontons sans passer par l’épreuve ruineuse du téléphone où il faut dire l’essentiel pour ne pas se retrouver pris en otage par un call-boxeur.

A force de causer, on s’est rendu compte que les tontons avaient leurs centres d’intérêt qui ne cadraient pas forcément avec les nôtres. La conversation du blédard se résumait à :

La grand-mère est malade : money !

Le père a cassé sa pipe : money !

Mon téléphone est tombé dans les WC : money !

Ma pension scolaire n’est pas payée : money !

Je suis au chômage : money !

Je vais me marier : money !

Je fête mon anniversaire : money !

J’ai été reçu au baccalauréat : money !

Bonnes ou mauvaises, toutes les nouvelles venant du pays ont un et même dénominateur commun : l’argent, des euros de préférence -bien avant la crise on s’est vite rendu compte que le dollar n’était pas une valeur sûre par ici…

Curieusement, grandes sœurs et tontons de Mbeng, vous sembliez déconnectés. Voici votre champ lexical :

La météo : le soleil de Yaoundé est toujours aussi brûlant ?

L’amour : les filles de Douala sont toujours aussi belles ?

La culture : j’ai téléchargé le dernier Lady Ponce, elle cartonne au pays ?

La gastronomie : l’okok de maman me manque grave !

L’espoir : Paris n’est pas comme vous croyez là hein ? C’est dur dèh !

Encore la météo : Purée ! il fait froid par ici ! Dis ! tu as déjà vu de la neige en vrai ?

La technologie : je dis hein ? tu as déjà pris le métro de ta vie ?

Et enfin le sujet phare, la politique : Paul Biya est encore au pouvoir ? Vraiment ! Le type là a gâté le pays.

On en a conclu par ici que si notre dénominateur commun à nous était l’argent le vôtre était sans aucun doute l’ennui.

Bien entendu ça été la désillusion.

On a été surpris au pays hein ? Vraiment surpris de constater que nos tontons qui autrefois étaient comme nous, c’est-à-dire des gens qui ne pensaient qu’en termes de boire et de manger, sont tous devenus des révolutionnaires. C’est vrai qu’on a aussi constaté que vos partis sont surtout des groupes créés sur facebook et les programmes politiques de longs spams ô combien énervants.

Certains vieux tontons du pays, vous savez, ceux-là qu’on ne voit jamais qu’à la télé et dont on imagine les profils derrière les vitres fumées de leurs grosses cylindrées ont décidé de vous décrédibiliser parce que ici la politique est un plat qui se mange seul. Ils ont commencé à nous faire voir nos tontons et tantines sous un autre jour.

On a par exemple appris que beaucoup d’entre vous usurpent le statut de réfugiés politiques alors que personne ne vous a chassés. Moi je dis que la faim fait fuir mieux que n’importe quel régime dictatorial.

Il se dit aussi que pour la plupart vous n’envisagez pas de rentrer malgré tous vos discours sur le changement. A cela quelqu’un m’a chargé d’un message pour vous : « svp ne rentrez pas, les euros ne sont bons qu’à distance, et en décembre de préférence ».

Quelqu’un m’a aussi dit de vous demander ce que vous faisiez vraiment là bas. C’est à cause de l’affaire du recrutement des vingt cinq mille fonctionnaires là. Les méchants tontons nous ont dit à une période, qu’il subissait des retards parce qu’on attendait vos dossiers de candidature. Wèèèè ! Vous n’avez pas pitié ?

Malgré les mauvaises intentions qu’ils vous prêtent, à savoir que vous nous envoyez dans la rue faire le mauvais travail à votre place etc, nous, on  est confiants, à cause de vos si bons euros.

Non, on ne les bouffe pas avec parcimonie. Ça date de la période où on a compris que parcimonie n’était pas un prénom féminin. Il n’y a qu’à voir nos rues, les hôpitaux, sont bondés parce que rares. Les écoles sont surpeuplées parce qu’étroites mais curieusement il y a des bars, oui des bars, partout. On a même une rue, une rue entière, méchamment baptisée « Axe du Mal »,  qui possède j’en suis sûr la plus grande concentration de bars au monde et qui grouille de monde tous les soirs peu importe le temps. Des grappes entières de jeunes gens qui parés de fripes, et armés de téléphones d’occasion  -preuves de votre amour indéfectible- paradent, ivres de bière et de pauvreté, spirituelle celle-là.

Malgré tout, je suis heureux de savoir que nous irons tous voter en octobre. J’espère que vous saurez alors faire les bons choix. J’espère que vous comprendrez que l’heure est vraiment au changement et que le vrai mal de ce pays ce sont ces camerounais, qui n’ont pas compris que ce n’est pas la terre qui donne une valeur quelconque à la nationalité, mais plutôt chacun d’entre nous qui par ses actes contribue à construire l’image de ce pays, dans les deux sens.

Affectueusement,

Florian Ngimbis, le neveu qui aime trop le kongossa.

P.S.  j’ai appris que certains d’entre vous hésitent à réserver leurs billets en vue des fêtes de fin d’année au bled,  pour ne pas se retrouver coincés dans leurs hôtels transformés en refuges façon Golfe Hôtel. De grâce, venez ! Vu qu’on est tous camerounais, c’est pour le meilleur et le pire non ?

 

18 Commentaires

  1. Jackson

    Un beau billet qui fait bien suite au mien que j’ai publié il y a quelques jours (un peu de publicité hein, Florian : http://ntrjack.mondoblog.org/2011/08/10/a-quoi-sert-la-diaspora-camerounaise-2/ ).

    La veine est la même: ils nous servent bien à quelque chose, mais ils ne doivent pas prétendre à des privilèges souvent plus consistants que ceux réservés à ceux qui sont au pays.

    Il y a des risques qu’il y ait duel en octobre. Qu’ils rappliquent vite au Mboa, on a besoin de faire le surnombre. Mais bon, comme tu l’as dit, paraît que le Cameroun est à éviter dans les semaines qui viennent…

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  2. Jackson

    … Même pour les « camerounais » de Mbeng qui aiment tant leur pays!

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  3. zouatcham hubert patrice

    merci pour avoir partagé ce billet de Florent NGIMBIS que j’apprécie beaucoup. Je remarque comme cela m’a été dit à l’ambassade aujourd’hui les <> comme ils se nomment dans ton billet ne veulent pas de nous au pays. Oui nous déstabilisons^( en passant pas tous les membres de la diaspora<>), oui nous envoyons des euros au pays , oui internet a simplifié les choses vous savez mieux ce qui se passe ici. Mais de grâce nous sommes camerounais, nous avons une histoire avec ce pays que vous ne pouvez nous enlever. nous avons également une chose que vous nous déniez dans ce billet le droit de dire ce que nous pensons. si nous n’étions bon qu’à vous envoyer des euros pourquoi pensez-vous que nous ayons obtenu le droit de voter aux camerounais de l’étranger. Pensez-vous également que nous ne puissions pas revenir au Cameroun pour<> les 25000 emplois avec vous? Ne sommes nous donc pas camerounais? De plus pourquoi n’avons nous pas le droit de concourir si nous pouvons apporter nos expériences de l’étranger dans nos communautés. Je sais que je suis celui qui va te tirer dans les jambes mais c’est pas volontaire c’est pour juste te faire comprendre que la nationalité camerounaise ne s’acquiert pas seulement par le sol ou par le fait de résider au Cameroun. Le citoyen camerounais est celui-la qui sait qu’il est camerounais et qu’il fait partie d’une nation: La nation camerounaise.

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    1. Allan Ridley

      Juste une petite note en passant, j’pense en toute modestie que lorsqu’on apprécie quelqu’un et qu’on se retrouve sur son blog où son nom et son prénom sont écrits à plusieurs endroits différents, le mieux c’est de ne pas les écorcher. Passer de Florian à Florent, c’est quand même fort de café pour quelqu’un qu’on dit apprécier, bien que l’erreur soit humaine.

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      1. stonde

        looool

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  4. David Kpelly

    Peueuuuuuuuuuuhhhhhhhhhh… La diaspora! Mon bon vieux Florian, on signe, les euros ne sont bons qu’à distance, et surtout en décembre. Qui dit mieux? Qu’ils restent là à faire ce qu’ils font – beaucoup ne font rien d’intéressant-, mais qu’ils n’oublient pas que nous sommes là à les attendre dèèèh! Les euros. Le reste c’est des balivernes. C’est pas eux qui viendront nous dégager nos dictateurs, comme eux mêmes on cherche à les dégager. Les euros, point barre!
    Amitiés

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  6. Armand Noumedem

    Ce que je ne comprend pas c’est la façon dont les Camerounais au pays (je n’ai pas envie de dire « blédards ») traitent ceux de la diaspora. Si la diaspora n’avait pas été active on lui aurait reproche de ne pas l’être.

    Je pense qu’il faut une conjonction de toutes les forces possibles pour que le changement se fasse véritablement. Le système hyper répressif institutionnalise et instrumentalise au Cameroun a réussi a annihiler toutes les velléités de manifestation même pacifique.

    Si la diaspora a cette facilite d’atteindre les hautes institutions mondiales (en manifestant, en portant plainte devant les tribunaux mondiaux, en attirant l’attention du monde sur le problème Cameroun) pourquoi s’en priver ?

    Les lions indomptables dans une finale qui nous a mis les nerfs a rude épreuve ont battus le Nigeria en 2000 aux tirs aux buts, avec un penalty très discutable de Ikpeba qui avait été refuse mais qui était pourtant rentre. Qu’est ce que l’histoire a retenu ? une victoire des lions c’est tout.

    Pour dire quoi ? La diaspora a son rôle a jouer et la victoire la plus honorable n’est pas forcement celle acquise en affrontant les balles, les lacrymogènes en tout en genre et les « mami water » comme nous on les appelaient a l’époque. Martin Luther King ne me démentira pas, lui qui a toujours été pour un changement non violent.

    Alors je vous en prie les « blédards » arrêtez de stigmatiser vos concitoyens de l’extérieur, ne vous laissez pas influencer par les discours de ces totons aux véhicules rutilants qui vous suggèrent cette façon de penser et concentrons nous sur les objectifs communs auxquels on aspire tous.

    PS: Si un blédard a le droit de dire que nous sommes des « Menguetaires » sans que çà n’émeuve personne, y a pas de mal a ce que je l’appelle « blédard » n’est ce pas ! on est ensemble ! ou bien ?

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    1. David Kpelly

      Salut cher Armand
      En fait, Florian ne fustige pas gratuitement la diaspora. Le problème est que – et je vois que c’est le même au Cameroun qu’au Togo-, la diaspora se sert maintenant des réseaux sociaux pour souffler n’importe quoi aux jeune blébards. Créer un groupe sur Facebook n’est pas mauvais, mais s’en servir pour se vanter, et vouloir donner des ordres aux blédards « euh, nous nous sommes loin, nous sommes vos aînés, comme nous sommes en Occident, donc plus riches, plus importants, allez, mettez-vous dans la rue pour chasser Biya, Faure, Blaise, Bongo… » , ça ne passe pas. C’est du populisme oiseux. La diaspora nous sert beaucoup, mais il faut qu’ils apprennent à avoir les pieds sur terre, et non la tête dans les nuages.
      Amitiés

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      1. Armand Noumedem

        Créer des groupes dans les réseaux pour « …souffler n’importe quoi aux jeune blédards… » donne des exemples précis stp ! n’affirme rien gratuitement.

        « …Créer un groupe sur Facebook n’est pas mauvais, mais s’en servir pour se vanter, et vouloir donner des ordres aux blédards « euh, nous nous sommes loin, nous sommes vos aînés, comme nous sommes en Occident, donc plus riches, plus importants, allez, mettez-vous dans la rue pour chasser Biya, Faure, Blaise, Bongo… » … »

        Je ne comprend pas trop bien ce paragraphe. c’est moi ou bien il y a comme une sorte de rancœur ou même de jalousie qui se dégage de ce propos ? ne fais cette erreur de mettre tout le monde dans le même moule. Comme partout ailleurs il y a des canards boiteux et ne retenir que le cote fêtard de ceux la c’est prendre un gros risque a mon avis. Au bled aussi il ya des fêtards. Nous sommes tous des Camerounais et c’est fou voir comment les gens changent quand ils arrivent ici.

        Par ailleurs le niveau de vie est bien plus élevé ici. Une nuitée a l’hôtel le moins cher coûte 40 euros environ c’est a dire environ 26 000 FCFA, en plus quand on s’éloigne du pays, le corps s’habitue a son nouvel environnement (c’est malheureux mais c’est comme ça) alors quand on revient au pays pour les vacances la première chose qui nous frappe c’est la chaleur étouffante a laquelle notre corps n’est plus habitue. La nuitée dans une chambre « VIP » avec air conditionne coûtant a peine 10 000 FCFA pourquoi voulez vous qu’on s’en prive ?

        Certains qui disent que « …les Mbenguetaires friment tellement qu’ils ne boivent que l’eau minérale kan ils arrivent au pays alors que quand ils étaient au pays ils buvaient l’eau du puits… »

        A cela je répond : quand tu sors d’un environnement infeste de microbes, avec toutes les défenses que ton corps a développe, et tu arrives dans un écosystème aseptise comme celui de mbeng, tes anticorps baissent la garde et s’affaiblissent. Rentre au pays ou tu n’as que 3 semaines tu ne peux pas te permettre de choper une typhoide ou autre chose de ressemblant. La moindre diahree est un desastre a ce moment la. D’ou les precautions qu’on prend, et les gens prennent cela pour de la frime…

        Il ya beaucoup d’exemples comme ca malheureusement…

        Arrêtons un peu ces bla bla qui nous éloigne des vrais problèmes du Cameroun…ne nous laissons plus distraire !

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        1. stonde

          Humm, je m’attendais bien à ce mot : »jalousie »…anyway, pour réponse je vais reprendre le fameux adage chinois qu’aime bien Florian : »Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt »…
          J’aimerai tout de même savoir si une fois de l’autre côté, un vaccin de patriotisme est inoculé, car subito, mes frères de la « diaspora » (j’avoue que ce terme m’arrache toujours un sourire narquois, allez savoir pour quoi) sont animés d’un zèle de patriotisme jamais connu du temps qu’ils étaient au bled…masi je vous aimes mes frères, battons-nous, mais avec les bonnes armes, même si nos frères du bled, préfèrent nos euros à nous….

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  7. David Kpelly

    Cher Armand, en fait moi je suis togolais, et j’ai élargi le cadre du sujet à mon pays comme on y retrouve les mêmes facettes. Rien de jalousie ou de rancœur, croyez-moi. Comme vous l’avez dit, il y a une partie de la diaspora qui se retrouve dans les petites bêtises que j’ai décrites, et bizarrement – en fait au Togo-, c’est eux que suivent la masse, c’est là le problème. A part cela, je le redis, la diaspora nous sert beaucoup, nous en avons besoin, quand on sait tout ce qu’elle fait pour ceux qu’on nomme les blédards. D’ailleurs moi-même je ne vis pas au Togo. Et je sais ce que c’est.
    Amitiés

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  8. Fredy Landry

    Au lieu de manifester comme ils le font souvent à jeter des tomates sur les voitures des « arrières grands-parents » de passage labà ou créer des petits groupes d’agitateurs de consciences sur facebook, ils ferraient mieux de suivre l’exemple des ressortissants d’Israël en occident. Ces mecs et meufs là ne sortent pas dans les rues mais bon sang! Je ne sais pas si il existe des gens qui font un travail de lobbying plus costaud que le leur. Ce sont des faiseurs de roi…

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  9. ismael nkeng

    Tout d’abord, il est indéniable que la diaspora a son mot à dire en ce qui concerne le jeu politique au Cameroun. N’oublions pas que bon nombre d’entre eux ont dû s’exiler il y a fort longtemps (le cas des jeunes étudiants de Yaoundé pendant les années de braise) parce que très persécutés au pays. Ceci n’empêche qu’ils soient restés très attachés à leur terre. Puis n’oublions pas qu’il y a tellement de farceur qui pour rendre « crédibles » leurs opinions se font passer pour des camer de la diaspora, parce que pense t-ils ce titre aussi « pompeux » soit-il a une certaine résonance. Qu’ à travers des réseaux sociaux certains appellent à la révolution en se targuant être de la diaspora ne doit occulter en rien que même dans le territoire y a des activistes tapis dans l’ombre. Certes la diaspora ne semble pas satisfaire les attentes des uns et des autres en terme de création de richesse, n’oublions toutefois pas que ces tonton et ses tantines se font toujours berner par leurs neveux et autre membres de la famille, lorsque le système ne les assomme définitivement. De toute les façons tant qu’ils ne sont pas binationaux, le jeu politique leur reste ouvert. ils restent et demeurent des camerounais à part entière!!!

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  10. rimahel

    excellent billet mon chère Florian, ton jet a le mérite de lancer un débat qui couvait depuis un long moment sous les cendres de l’hypocrisie. j’ observe avec un plaisir non dissimulé que les africains quels qu’ils soient ont un dénominateur commun: l’attachement à leur terre, et chacun à juste sa manière de prouver son amour à la mère patrie

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  11. Willy Fonkam

    Je crois que le changement au Cameroun passe avant tout par le changement de mentalité des « blédards ». Et à mon avis, c’est le contact avec des réalités différentes de celles vécues au bled qui a valu au « mbenguistes » le changement de mentalités qui les pousse à vociférer autant contre le régime en place.
    Je ne supporte pas le régime actuel hein, mais, chers expatriés, sachez que si les mentalités ne changent pas au pays, rien d’autre ne changera.
    Ce n’est pas Paul Biya le problème du Cameroun parce que des Paul Biya il y en a plusieurs Millions; pour dire que le prochain qui accèdera à la magistrature suprême au Cameroun ne fera probablement pas mieux que celui qui y est présentement, tout simplement parce qu’ils auront les mêmes objectifs: se remplir les poches et affamer le peuple.
    C’est donc inutile d’envoyer les jeunes blédards dans la rue déguster les balles de policiers bedonnants parce qu’après ça aucun de ces dernier ne va aller s’inscrire sur les listes électorales ou bien, s’ils le font, ce sera pour prendre 5 000 pour voter un nombre incalculable de fois.
    Je dirai pour terminer que l’Afrique avancera quand les dirigeants africains comprendront que leurs homologues d’outre-mer ne militent que pour les intérêts de l’Europe.

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  12. Marcelle

    En parlant de mentalités !!! le malaise qu’il y a entre camerounais de la diaspora et ceux du pays les traduit suffisamment ….. cette attitude que nous avons à ne pas se focaliser sur les problèmes réels et les résoudre de façon objective et bénéfique à tous ! Mais noooon.. le camerounais qu’il soit blédard ou de la diaspora a tendance pour le premier à se laisser dominer par un complexe ( infondé) et pour le second à vouloir abuser quelques d’une position « influente » à certain égards!! Faut bien qu’on comprenne un jour que le Cameroun est au dessus de toutes ces choses!! il y a un seul Cameroun pour tous les camerounais ou qu’ils soient et on gagnerait tous à le construire!

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  13. francoperen

    Salut Florian et autres intervenants, content de lire le billet et les réactions, et de constater à quel point les Camerounais s’intéressent à la question de la diaspora.
    Florian, si tu permets, je pense qu’il serait judicieux de distinguer deux grands groupes quand tu parles de la diaspora (et c’est valable pour toutes les diasporas du monde). Il y a un groupe ACTIF qui rassemble les Camerounais qui ont un statut on ne peut plus normal à l’étranger et dont l’identification est possible car ayant une occupation et un logement dignes. Et à l’intérieur de ce groupe actif, t’as les jeunes que les parents envoient généralement continuer les études à l’étranger et t’as les adultes qui avaient déjà un statut au pays et qui ont été contraints à un moment de disparaitre. Puis il y a un deuxième groupe, qu’on qualifierait avec raison, de PASSIF car ayant immigré dans la clandestinité et réclamant parfois les mêmes droits que les Camerounais du premier groupe alors qu’ils salissent en quelque sorte l’image du pays à l’étranger. J’ignore quelle partie de la diaspora camerounaise t’as voulu indexer dans ton article mais je pense que si t’avais pris la peine de la désigner clairement, t’aurais peut-être reçu moins de balles dans la figure.
    Bien à toi mon frère!

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